16/05/2008 New Delhi Airport Lorsque nous atterrissons depuis Bangkok a Delhi, le pilote annonce 38 degres au sol, 21h30 heure locale (23 h pour nous). Pour la premiere fois du voyage, afin de nous epargner de longues tergiversations et attentes en tous genres, Martine a demande a l'hotel qu'elle a reserve, de venir nous recuperer a notre descente d'avion.Une fois les formalites douanieres accomplies, nous traversons la foule indienne rangee tout au long d'un interminable chapelet de barrieres metalliques ( celles des fetes foraines chez nous)...a la recherche d'un petit pannonceau indiquant " Martin Biroux Metropolis Tourist Home " ( ou un truc comme ca ) Nous arpentons en vain la "haie d'honneur "..pas la plus petite ardoise ! Nous nous compactons comme le XV de France au plus fort de la melee pour resister a l'envahisseur ( 20 chauffeurs de taxi qui veulent a tous prix nous embarquer dans leur tombereau ) et nous concerter sur la procedure a suivre ! Avisant une cabine, Martine telephone a l'hotel : elle comprend dans le tintamarre des klaxons, explosions des moteurs et cris de la populace ...qu'il nous faut prendre un taxi...sous peine d'attendre une heure encore !...Retour a la case depart ! Je me dirige aussitot vers les taxis prepayes, recommandes par Lonely Planet, afin de securiser notre transport. Helas plus de 20 personnes fonit la queue devant le guichet..Il n'est pas loin de minuit pour nous. Un chauffeur qui sort du bureau des taxis m'interpelle et me propose de gagner du temps en traitant directement avec lui..Negociation des tarifs : 4 euros la course. Portant ou tirant nos bagages, nous le suivons ( Tiens, il n'est pas gare avec les "petits" taxis ...).Quelques centaines de metres plus loin, sortis de l'enceinte de l'aeroport, un minibus se gare tout contre le trottoir. Une poignee d'indiens surgit de la nuit. En un clin d'oeil, ils catapultent nos bagages (???! ) a l'arriere du vehicule en nous demandant de nous presser en raison du stationnement dangereux ! Le chauffeur ( qui n'est pas la personne que j'ai rencontree )- mais c'est une pratique de rabatteur, souvent testee en Asie - demarre en trombe, manquant d'ecraser 10 pietons, 3 velos, de renverser 2 rickshaws ( taxis triporteurs )..et un policier qui tente en vain de stopper sa fuite ( ???!!!)..A ce stade la, Martine, a l'arriere, laisse echapper un petit cri de souris indignee. Nous roulons une bonne vingtaine de minutes. Au fil des kilometres, notre homme se calme, continuant a tenir le volant d'une main, de l'autre a repondre a son portable..et accessoirement a tripoter l'autoradio hurlant une melopee indienne... Le vehicule est un minibus aux couleurs des taxis locaux, disposant d'un taximeter cache sous une housse de tissu. Le chauffeur daigne enfin s'interesser a l'adresse que je lui tends ostensiblement sous le nez depuis le depart..Il ne connait vraisemblement pas le secteur, s'arretant a plusieurs reprises pour demander sa route, nous reclamant un numero de block...Les quartiers traverses sont de plus en plus glauques. Je lui suggere alors de telephoner a l'hotel..mais il pretend qu'il ne peut le faire (Son mobile ne lui permettant que les appels entrants ). Il devient alors tres aimable, nous posant mille questions..Tout fier de lui, il se gare devant le " Metropolitan Hotel ", un cinq etoiles..Il finit par comprendre qu'il y a erreur et redemarre. Il s'arrete quelques centaines de metres plus loin, devant un bureau de Tourism Information ( encore ouvert a cette heure, 22h30 ? ). Il nous propose de descendre.( Tiens, c'est nouveau ! ) Prudent, je reste dans le taxi pour garder nos bagages tandis que les filles le suivent. Un homme charmant les invite a s'asseoir et propose de telephoner a notre hotel ( TIens, il lui parle en anglais ? ). Il s'insurge meme au passage " du lapin pose a l'aeroport ". puis passe le combine a Martine : finalement, l'hotel est complet, mais il va essayer de nous en trouver un autre dans le meme secteur..Effectivement, dix minutes plus tard, le telephone sonne : Il a trouve un autre etablissement ( au double de prix du premier ).De guerre lasse ( il est 0h 30 pour nous ) Martine accepte. Nous transvasons nos sacs dans le vehicule du responsable de l'agence ( mission terminee pour notre chauffeur...sympa, non..c'est gratuit ! ) 01 H 00 du mat' a notre horloge..nous arrivons au "Kamat 87 Hotel "..et nous installons, extenues dans des chambres poussiereuse mais avec TV et une clim bruyante et deglinguee. Nous nous allongeons..et listons dans le (en) noir les bizarreries de la situation..Soudain, c'est le flash : Martine rallume heroiquement ( il est vraiment tard ! ) en se souvenant d'une rubrique " escroqueries et desagrements courants en Inde ", lue quelques jours plus tot dans le guide...Elle relit a haute voix le passage..qui decrit ligne par ligne, mot pour mot..l'arnaque dont nous venons d'etre victimes : agent, chauffeur, rabatteur pourront se partager la commission donnee par l'hotelier !...Nous eclatons de rire realisant que nous pensions avoir - presque - tout mis en place pour y echapper ! Le lendemain, nos presomptions sont confirmees lorsque nous reussissons a joindre le receptionniste de l'hotel initial..qui n'a recu qu'un seul coup de fil - celui en provenance de l'aeroport. Il dit nous avoir attendu fort tard..s'excusant d'un malheureux contretemps qui l'a empeche de nous recueillir comme convenu a notre arrivee... Premiere lecon de l'Inde..Vouloir n'est pas pouvoir ! |